Le prix d'une licence de taxi parisien tient en deux réponses très différentes. L'autorisation de stationnement délivrée aujourd'hui par la Préfecture de police est gratuite, mais elle ne se revend pas. Les licences parisiennes attribuées avant la réforme de 2014, elles, s'échangent entre professionnels à un prix libre, situé à 230 000 € en 2015 par le Conseil constitutionnel. Voici ce que coûte chaque voie en 2026 et les frais à prévoir avant votre première course.
Sommaire :
Plaque, licence, autorisation : de quoi parle-t-on ?
Dans le métier, « plaque » et « licence » désignent la même chose : l'autorisation de stationnement (ADS), délivrée à Paris par la Préfecture de police. Elle permet de stationner aux emplacements réservés et de charger des clients qui hèlent le véhicule dans la rue. Elle ne remplace pas la carte professionnelle, attachée à la personne du chauffeur et obtenue après l'examen taxi : le prix d'une licence ne concerne donc que l'autorisation de stationnement.

Licence de taxi parisien délivrée aujourd'hui : gratuite mais incessible
Depuis la loi Thévenoud du 1er octobre 2014, toute nouvelle autorisation est délivrée gratuitement, pour cinq ans renouvelables. Son titulaire doit l'exploiter personnellement et ne peut ni la vendre ni la céder contre rémunération. Le prix d'acquisition d'une licence neuve à Paris est donc de 0 €.
Pour vous inscrire sur la liste d'attente, détenez une carte professionnelle de conducteur de taxi délivrée par le préfet de police, puis déposez votre demande en ligne. Vous ne pouvez figurer que sur une seule liste, et l'inscription se renouvelle chaque année avant sa date anniversaire, faute de quoi elle tombe. Les autorisations sont proposées dans l'ordre chronologique des inscriptions, avec une priorité pour les chauffeurs qui justifient de deux ans d'activité de taxi au cours des cinq dernières années.
La Préfecture de police ne publie pas de délai moyen d'attribution : seul son service des taxis peut vous indiquer votre rang. Elle ne vous rapportera aucun prix de cession à la sortie.
Racheter une licence parisienne d'avant 2014 : ce qui fait le prix
Pourquoi seules les anciennes licences se vendent
Le marché de la revente ne concerne que les licences délivrées avant le 1er octobre 2014. Leur titulaire conserve la faculté de présenter un successeur à titre onéreux à l'autorité qui a délivré l'autorisation.
Cette faculté a une condition de durée. L'article L3121-2 du code des transports la subordonne à une exploitation effective et continue pendant quinze ans à compter de la délivrance, ou pendant cinq ans à compter de la première mutation. Avant d'acheter, demandez la date de délivrance et l'historique des cessions de la plaque.
Le prix d'une licence rachetée : des repères datés
Dans son commentaire de la décision QPC du 22 mai 2015 sur la loi Thévenoud, le Conseil constitutionnel indique un prix de la licence de 230 000 euros à Paris. Une question écrite déposée à l'Assemblée nationale en 2017 évoquait ensuite une chute à un peu moins de 125 000 €, attribuée à l'essor des VTC.
Aucun prix de rachat 2024-2026 issu d'une source vérifiable (fédération professionnelle, presse nationale ou Observatoire) n'est publié à ce jour. Le rapport 2025 de l'Observatoire national des transports publics particuliers de personnes ne donne pas de prix moyen : il rappelle que le prix des anciennes ADS est libre, fixé de gré à gré entre vendeur et successeur. Pour situer une offre, interrogez les organisations professionnelles de taxis parisiens et votre banque, et faites relire l'acte par un professionnel du droit.
Le stock figé depuis 2014 soutient la valeur des plaques, mais chaque autorisation gratuite retire un acheteur et la concurrence des VTC pèse sur les recettes. Pour juger si une offre tient la route, appuyez-vous sur une méthode de calcul de la rentabilité d'une licence de taxi : recettes nettes attendues, moins le coût d'accès et l'emprunt, sans compter sur une revente espérée.

Licence gratuite ou licence rachetée : le comparatif
| Critère | Autorisation gratuite (depuis 2014) | Licence rachetée (délivrée avant 2014) |
|---|---|---|
| Prix d'acquisition | 0 € | Prix libre de gré à gré, 230 000 € en 2015, un peu moins de 125 000 € en 2017 |
| Revente | Impossible, licence incessible | Possible à titre onéreux après 15 ans d'exploitation, ou 5 ans après la première mutation |
| Délai d'accès | Rang sur la liste d'attente de la Préfecture de police, renouvelée chaque année | Durée de la négociation et de l'accord de financement |
| Exploitation | Personnelle, par le titulaire | Par le titulaire, un salarié ou un locataire-gérant |
| Valeur à la sortie | Aucune | Prix de revente possible, jamais garanti |
| Verdict | La voie logique si vous acceptez d'attendre et ne cherchez pas un placement | Pertinente seulement pour rouler à votre compte sans attendre, avec un financement prudent |
Les autres coûts avant votre première course
Quelle que soit la voie choisie, l'examen d'accès à la profession reste un passage obligé. Les chambres de métiers et de l'artisanat l'organisent, et la grille tarifaire des examens T3P fixe l'examen complet à 241 € en 2026, puis à 246 € en 2027.
Vient ensuite la carte professionnelle, délivrée après vérification de votre permis et de votre honorabilité. L'Imprimerie nationale la fabrique et la facture directement au chauffeur, environ 60 € selon les notices publiées par plusieurs préfectures, frais d'envoi en plus ; le montant exact s'affiche au moment du paiement. S'ajoutent le véhicule équipé d'un taximètre, d'un dispositif lumineux et d'un terminal de paiement, l'assurance professionnelle et, si vous en suivez une, la formation préparatoire : chiffrez ces postes sur devis avant de comparer les deux voies.
Notre avis : quelle voie choisir à Paris
Pour un nouveau chauffeur, la demande d'autorisation gratuite reste la voie la plus sûre, en exerçant d'abord comme salarié ou locataire-gérant d'un titulaire d'ancienne licence. Ces deux années vous donnent la priorité sur la liste d'attente, sans mobiliser de capital.
Racheter une ancienne plaque revient à parier sur sa revente : le prix payé n'est récupérable que si un acheteur accepte, le jour de votre départ, un montant équivalent. Ce pari se défend pour qui veut rouler à son compte immédiatement, à condition de bâtir un plan de financement qui tient sans la revente.



